
L’organisation par Bagdad de la 52e session du Conseil des ministres des Affaires étrangères des États membres de l’Organisation de la coopération islamique, les 17 et 18 octobre 2026, n’était pas un simple événement diplomatique passager, mais plutôt une étape importante qui confirmait la capacité de l’Irak, fort de son héritage civilisationnel et de son importance historique, à être un lieu de rencontre pour le dialogue, un pont pour la communication et une plateforme pour renforcer la solidarité entre les pays du monde islamique.
L’Irak a réussi à présenter une image honorable de sa capacité à accueillir des événements internationaux majeurs, grâce à une bonne organisation, à son hospitalité et à son souci du détail, reflétant une volonté claire de renforcer sa présence régionale et internationale et de consolider la position de Bagdad comme capitale du dialogue et de la coopération.
Un moment fort de la session a été l'invitation adressée par le Premier ministre irakien aux chefs des délégations participantes. J'ai eu l'honneur d'y assister et d'écouter son intervention, ainsi que plusieurs idées et propositions visant à renforcer la coopération entre les pays islamiques. Parmi ces propositions figuraient la création d'une plateforme pour les produits du monde islamique afin de dynamiser le commerce, l'intensification des efforts conjoints de lutte contre le trafic de stupéfiants, l'utilisation optimale de la main-d'œuvre, le renforcement de la sécurité énergétique par des projets d'interconnexion électrique et l'unification du discours islamique pour promouvoir la modération, la compréhension et la solidarité.
Ces idées tirent leur importance du fait qu'elles présentent des domaines pratiques qui, grâce à la consultation et à des mécanismes institutionnels appropriés, peuvent être transformés en partenariats et en projets bénéfiques aux États membres et à leurs populations.
La session s'est tenue à un moment critique, marqué par des défis politiques, économiques et humanitaires étroitement liés. Son thème, « Dialogue et solidarité : deux piliers fondamentaux pour la promotion de la paix et du développement durable », reflétait un réel besoin de privilégier les intérêts communs et de renforcer les mécanismes de coopération. La Déclaration de Bagdad incarnait cet esprit, soulignant l'importance de la solidarité islamique et de l'action commune, notamment le soutien à la cause palestinienne. Ce soutien demeure une priorité essentielle, exigeant la poursuite des efforts politiques, diplomatiques et humanitaires pour garantir les droits légitimes du peuple palestinien.
Toutefois, la valeur d'une déclaration ne se mesure pas à l'éloquence de son texte, mais plutôt à sa capacité à se traduire par un consensus général, une mise en œuvre concrète et un suivi. La Déclaration de Bagdad doit donc être considérée comme un point de départ pour renforcer la coopération en définissant des priorités opérationnelles, des échéanciers précis et des indicateurs permettant de mesurer les progrès accomplis. Un suivi institutionnel régulier contribue à transformer les accords politiques en réalisations tangibles.
Dans le domaine du dialogue, l’atmosphère de compréhension observée lors de la session peut être consolidée par le renforcement des réunions périodiques et l’élargissement de la participation des centres de recherche et des experts aux discussions sur les questions communes, afin de soutenir la médiation, de lutter contre les discours de haine et de diffuser une culture de paix.
Dans le domaine humanitaire, la solidarité prend tout son sens lorsqu'elle se traduit par la rapidité de la réponse aux crises, la coordination de l'aide, l'échange d'expertise et l'allocation des ressources aux personnes les plus vulnérables. L'Organisation de la coopération islamique et ses institutions possèdent l'expertise et les capacités nécessaires pour renforcer l'intégration et éviter les doublons.
Dans le domaine du développement, les résultats de la session offrent des perspectives pour renforcer la coopération en matière de sécurité alimentaire, d'énergie, de transformation numérique, d'éducation, de santé et de développement des ressources humaines. Les États membres disposent de ressources naturelles, humaines et économiques diversifiées qui, investies dans des partenariats réfléchis et durables, peuvent constituer un socle solide pour l'intégration.
La cause palestinienne demeure présente dans ce contexte, non seulement à travers des positions politiques et diplomatiques, mais aussi à travers des initiatives humanitaires, de développement et médiatiques qui soutiennent le peuple palestinien, protègent ses droits et font connaître ses souffrances et ses aspirations à l'opinion publique internationale grâce à un discours professionnel fondé sur les faits.
Les médias jouent un rôle central dans ces efforts ; la réussite du travail collaboratif repose sur un environnement informationnel fiable qui explique ses objectifs, suit son évolution et lutte contre la désinformation. Avec l’accélération de la transformation numérique et le développement de l’intelligence artificielle, le rôle des médias ne se limite plus à la simple couverture de l’actualité, mais englobe désormais la construction de la confiance, la sensibilisation du public et la facilitation de la communication entre les communautés.
Dans cette perspective, les décisions relatives aux affaires médiatiques offrent l’opportunité de renforcer la coopération entre les institutions médiatiques des États membres, de développer leurs compétences professionnelles et techniques, d’élargir les échanges d’informations et de contenus, et de soutenir la vérification des faits et la lutte contre la désinformation. Les médias peuvent également mettre en lumière les possibilités de coopération économique, culturelle et en matière de développement, présenter des initiatives fructueuses et offrir une image plus équilibrée des sociétés musulmanes.
Cela exige des investissements dans la formation et le perfectionnement, l'exploitation des technologies modernes et le partage d'expertise entre les agences de presse et les médias, tout en préservant les normes professionnelles et l'indépendance éditoriale. Les médias responsables ne sont pas de simples outils de diffusion de messages, mais des partenaires qui contribuent à sensibiliser l'opinion publique, à encourager le dialogue et à instaurer un climat de confiance.
Le succès de la 52e session se mesure non seulement aux réunions tenues et aux décisions prises, mais aussi aux opportunités qu'elle a offertes en matière de communication, de rapprochement des points de vue et de réaffirmation de l'importance d'une action institutionnelle conjointe. La diplomatie multilatérale prend toute sa valeur lorsqu'elle se transforme d'un espace de consultation en une plateforme de construction de partenariats et d'obtention de résultats.
Lors de ma participation à cette session, j'ai été frappé par l'engagement de l'Irak à favoriser un climat propice au dialogue, et par la compréhension manifeste, lors des discussions, de l'importance de renforcer le rôle de l'Organisation de la coopération islamique et de ses institutions au service des États membres et de leurs populations. Par ailleurs, la tenue de cette session à Bagdad revêt une importance symbolique particulière ; cette ville, jadis centre de la science, de la pensée et de la culture, souligne que son rôle historique peut constituer un atout pour bâtir un avenir plus stable et fondé sur la coopération.
Il convient de saluer les efforts des dirigeants irakiens, notamment du Premier ministre, du ministère irakien des Affaires étrangères, de la Mission irakienne auprès de l'Organisation et de tous ceux qui ont contribué au succès de cet événement. Cela témoigne de la sincère hospitalité du peuple irakien et de la capacité de Bagdad à accueillir des réunions internationales. Le Secrétariat général de l'Organisation de la coopération islamique mérite également d'être félicité pour son travail de préparation, de coordination et de suivi.
Bagdad a non seulement accueilli une réunion de ministres des Affaires étrangères, mais a également partagé l'espoir d'un monde islamique plus uni, mieux à même de relever ses défis et plus présent dans la construction d'un avenir fondé sur le dialogue, la paix et le développement.
Même si les réunions sont terminées, le message venu de Bagdad doit continuer à être diffusé, car le véritable succès commence par la transformation des résultats de la session en réalisations concrètes que les populations des États membres peuvent ressentir.
Merci à l'Irak pour son excellente hospitalité, et merci à Bagdad d'avoir renouvelé sa présence et son statut, et d'avoir adressé au monde islamique un message selon lequel le dialogue nous unit, la solidarité nous renforce et l'avenir se construit par la volonté commune.
Bagdad, avec son histoire, sa civilisation et son peuple, restera une ville capable de rassembler les frères et de créer de nouveaux espaces d'espoir et de coopération.
« Mohammed bin Abdul Rabbo Al-Yami – Directeur général de l’Union des agences de presse des États membres de l’Organisation de la coopération islamique »



