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Directeur général de l'UNA : Le profil démographique des jeunes de l'OCI confère aux médias un rôle essentiel pour leur permettre d'exercer leurs droits.

Djeddah (UNA) – Le directeur général de l’Union des agences de presse de l’OCI (UNA), le professeur Mohammed bin Abdulrab Al-Yami, a souligné que le poids démographique important des jeunes dans les pays de l’OCI et leur lien étroit avec les médias exigent que ces derniers constituent un point d’entrée fondamental pour des approches globales permettant aux jeunes de jouir de leurs droits dans divers domaines.
Cette déclaration a eu lieu lors de sa participation à la table ronde « Le rôle des institutions nationales des droits de l’homme et des médias dans la protection des droits des jeunes », dans le cadre des travaux de la vingt-sixième session de la Commission permanente indépendante des droits de l’homme, qui s’est tenue le dimanche 14 décembre 2025, sous le titre : « Développement de la jeunesse dans les pays de l’OCI : défis et opportunités du point de vue des droits de l’homme ».

Dans le document qu'il a présenté, Al-Yami a souligné que l'importance du rôle des médias s'accroît dans les États membres où les jeunes représentent une part importante de la société, selon les statistiques et les rapports publiés par le Centre de recherche et de formation statistique, économique et sociale pour les pays islamiques (SESRIC), indiquant que cette réalité démographique, associée au fort lien des jeunes avec les médias, fait de ces derniers un outil clé leur permettant d'exercer leurs droits politiques, économiques, sociaux et culturels.
Il a expliqué que le rôle des médias dans ce contexte s'incarne dans quatre domaines principaux :

Premièrement : Participation civique et communautaire : Al-Yami a souligné que les médias sont un élément essentiel dans la construction d'un espace public dynamique pour la communication, notant que les difficultés rencontrées par les jeunes dans un certain nombre d'États membres en matière de participation communautaire exigent que les médias, en particulier les nouveaux médias via les plateformes numériques et les réseaux sociaux, jouent un rôle actif dans la promotion de leur engagement positif dans les affaires publiques, en intensifiant le contenu qui leur est destiné et conçu en fonction de leurs aspirations et de leurs intérêts.

Il a souligné l'importance pour les médias de comprendre et de transmettre les priorités des jeunes aux décideurs, contribuant ainsi à leur participation à la conception et à l'adaptation des politiques et services publics à leurs besoins. Il a également insisté sur la nécessité de sensibiliser les jeunes aux programmes de développement et sociaux proposés par les États membres, tels que les subventions, les prêts à taux préférentiels et les aides à l'entrepreneuriat, et de veiller à ce qu'ils comprennent comment y accéder. Par ailleurs, il a mis en lumière le rôle éducatif des médias dans l'information des jeunes sur les politiques et lois publiques pertinentes, renforçant ainsi leur engagement envers celles-ci. Il a souligné l'importance de la coopération entre les médias et les institutions nationales de défense des droits humains à cet égard.

Il a également souligné le rôle éducatif des médias pour informer les jeunes sur les politiques gouvernementales et publiques et les sensibiliser aux lois, notamment celles qui les concernent, afin d'en garantir le respect. À cet égard, la coopération entre les médias et les organisations nationales de défense des droits humains est essentielle.

– Le deuxième domaine (emploi et développement des compétences) :
Al-Yami a souligné que les jeunes rencontrent souvent des difficultés lors de leur transition des études au marché du travail. Les statistiques officielles indiquent que le taux d'activité des jeunes dans les États membres ne dépasse pas 37.4 %, un chiffre faible comparé à la moyenne mondiale de 40.1 %. Face à cette situation, les médias des États membres peuvent jouer un rôle essentiel en informant les jeunes sur le marché du travail et ses secteurs émergents, les spécialisations universitaires correspondantes, ainsi que les compétences et connaissances indispensables pour optimiser leurs chances de réussite sur un marché de l'emploi concurrentiel.

Il a expliqué que les médias permettent également de diffuser des contenus éducatifs destinés à transmettre des compétences professionnelles aux jeunes, en soulignant la tendance croissante, dans plusieurs États membres, à accroître la présence médiatique des jeunes entrepreneurs, à mettre en valeur leurs différentes expériences et à partager leur expertise professionnelle avec les jeunes.

Il a ajouté : « Les médias peuvent également jouer un rôle de médiateur entre les décideurs et les acteurs du marché du travail d'une part, et les jeunes d'autre part, en organisant des programmes avec la participation des deux parties afin de discuter des questions les plus importantes et d'échanger des idées sur l'amélioration des perspectives d'emploi pour les jeunes. »

Le directeur général de l'UNA a également souligné la nécessité pour les médias d'accroître la présence des jeunes dans leurs différents secteurs, notamment dans le secteur éditorial, afin de garantir que le point de vue des jeunes soit transmis et que leur voix parvienne aux décideurs.

– Le troisième domaine (santé publique) :
Al-Yami a déclaré que les jeunes sont également confrontés à des problèmes de santé publique, car ils sont plus susceptibles que les autres d'adopter des modes de vie malsains et de développer une dépendance aux écrans sous diverses formes, comme la pratique excessive des jeux vidéo. Il a souligné que les médias devraient jouer un rôle actif dans la sensibilisation des jeunes aux risques sanitaires et dans leur éducation à la prévention, tout en veillant à ce que leur contenu soit adapté à ce public.

Cela implique de faire preuve de prudence quant à la diffusion de contenus médiatiques psychologiquement et moralement nuisibles aux jeunes, notamment les contenus faisant l'apologie de la violence et de l'extrémisme, ou véhiculant des idées contraires aux valeurs religieuses et aux normes sociales. Cela implique également de veiller à la diffusion de bonnes pratiques et de respecter les réglementations et les normes relatives aux restrictions concernant les contenus publicitaires susceptibles d'encourager des habitudes alimentaires ou des modes de vie malsains chez les adolescents et les jeunes adultes.

Il a souligné que la formation d'un jeune équilibré, psychologiquement et moralement stable est l'élément essentiel à la construction d'une société dynamique et prospère, et que les médias, en tant que principal intermédiaire dans la transmission des concepts et des idées, sont plus que jamais tenus de jouer un rôle positif et responsable à cet égard, afin d'éduquer les jeunes sur les pratiques néfastes pour la santé et de les protéger contre les idées erronées et déviantes.

– Quatrième domaine (Jeunes en situation de vulnérabilité) :
Dans ce contexte, il a évoqué les conditions humanitaires difficiles auxquelles sont confrontés de nombreux jeunes dans les États membres en raison des guerres, des déplacements forcés et de l'exil. Il a souligné que, face à ces circonstances, les médias ont l'obligation de mettre en lumière ces conditions afin d'encourager des réactions nationales et internationales et de susciter la solidarité du public avec la jeunesse. Pour ce faire, les médias devraient adopter une approche humanitaire inspirée des chartes, conventions et accords internationaux pertinents. Il a également salué les immenses sacrifices consentis par la jeunesse palestinienne face à la guerre d'extermination menée par Israël et ses efforts remarquables pour soulager les souffrances de son peuple et faire entendre sa voix dans le monde entier.

Al-Yami a souligné que l'Union des agences de presse de l'Organisation de la coopération islamique (OCI) s'attache à adapter nombre de ses programmes médiatiques aux besoins des jeunes des États membres. Il a expliqué qu'à cet égard, l'OCI a mis en place de nombreuses formations pour les jeunes professionnels des médias et que, lors de l'Expo Dubaï, du 1er octobre 2021 au 31 mars 2022, en coopération avec l'agence de presse des Émirats (WAM), elle a organisé un programme de formation spécifique à l'intention des jeunes professionnels des médias des États membres. Ce programme leur a permis de participer à cet événement international et de s'informer sur les dernières évolutions du secteur des médias et les opportunités qu'il offre. En septembre 2025, en coopération avec le ministère saoudien des Sports, l'OCI a organisé un symposium international intitulé « Autonomiser les jeunes dans les États membres de l'OCI grâce aux jeux vidéo et aux médias sociaux : opportunités et défis ». Ce symposium a abordé les risques associés à ces jeux et les moyens de les gérer, ainsi que la possibilité de les utiliser pour soutenir l'autonomisation des jeunes, de mettre en lumière les opportunités d'investissement et économiques dans ce domaine, et de les intégrer aux programmes de développement et de valorisation des jeunes talents.

Dans ce même contexte, il a souligné le rôle actif joué par l'Union, tant sur le plan médiatique qu'organisationnel, lors des délibérations de la Conférence mondiale sur « L'éducation des filles dans les sociétés musulmanes », organisée par la Ligue islamique mondiale en coopération avec le Bureau du Premier ministre pakistanais à Islamabad, les 12 et 13 janvier 2025. En marge de cette conférence, l'Union a signé des protocoles d'accord avec des organisations et des universités afin de soutenir les efforts visant à autonomiser les filles du monde islamique et à leur permettre d'exercer pleinement leur droit à l'éducation. Elle a également signé un protocole d'accord avec la Commission permanente indépendante des droits de l'homme de l'Organisation de la coopération islamique (OCI) pour atteindre les objectifs communs des deux instances : le renforcement des capacités institutionnelles et humaines dans le domaine des droits de l'homme et des questions connexes, ainsi que la promotion de la culture mondiale des droits de l'homme conformément aux principes islamiques.

Il a conclu en soulignant l’engagement général de l’Union, dans ses contenus médiatiques, à mettre en lumière les efforts déployés par les États membres pour protéger les droits de l’homme, notamment les droits des jeunes, et à les autonomiser à différents niveaux économiques, éducatifs et sociaux.

(est fini)

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